Interview des Pépites Vertes

© Les Pépites Vertes – Antonin, Claire, Maëlys

avec Maëlys Silveira

Permettre aux jeunes professionnels de se sentir soutenus et outillés dans leurs actions en faveur de la transition écologique, c’est essentiel. C’est l’une des priorités des Pépites Vertes, un trio très inspirant, initié par Claire Pétreault.

Si vous ne les connaissez pas encore, c’est l’occasion de découvrir cette équipe qui soulève des montagnes pour créer une communauté solide d’acteurs du changement.

Cette fois-ci, la parole est donnée à Maëlys Silveira.


En quoi consiste votre métier Maëlys ?

Je suis arrivée en février 2022 aux Pépites Vertes.

Je suis responsable de communautés, et notamment du Club des Pépites, la communauté nationale des jeunes pros de la transition écologique. Il est constitué de jeunes travaillant dans le milieu de la transition écologique et ayant terminé les études il y a maximum 4 ans.

Je travaille aussi beaucoup sur les partenariats, notamment de coordonner la prise de paroles des Pépites, ou sur la réalisation d’ateliers d’aide à l’orientation/ de sensibilisation aux métiers de la transition écologique.

Qu’est-ce que le projet des Pépites Vertes ?

Les Pépites Vertes, c’est un média et une communauté pour équiper les jeunes talents de la transition écologique.

Au sein du Club des Pépites, nos missions sont de connecter ces jeunes et de les équiper. Nous les aidons à se connecter ensemble pour qu’ils se sentent moins seuls, qu’ils soient capables de s’entraider, de se sentir faire partie d’une communauté.

Ils ont également un espace s’ils souhaitent venir questionner les autres personnes de la communauté et mettre toute cette intelligence collective au service de la transition, de leur travail.

Sur LinkedIn, Instagram et sur notre site internet, nous sommes un média d’orientation. Nous mettons en lumière les Pépites pour faire découvrir leurs métiers et inspirer d’autres personnes à s’engager !

Quelle est la genèse des Pépites Vertes ?

Tout a commencé par … un média. Claire Pétreault, la créatrice des Pépites Vertes, était beaucoup sollicitée sur Linkedin par des jeunes qui se questionnaient sur leur orientation et sur leur impact écologique d’un point de vue professionnel:
-Quel métier choisir?
-Où avoir le plus d’impact?
-Vers quelles structures se tourner?
-Dans quel secteur?

Claire n’avait pas la réponse à toutes ces questions puisque la réponse est propre à chacun. Elle a donc décidé d’aller à la rencontre des jeunes qui font ces métiers-là. Elle a choisi de leur donner la parole pour les faire découvrir et pour inspirer d’autres personnes à s’engager.

En partant à la rencontre de toutes ces personnes qui travaillent dans la transition écologique, Claire s’est rendue compte qu’ils avaient des problématiques communes, qu’ils n’allaient pas forcément bien, et que parfois ils se sentaient très seuls. Parfois on a l’impression de se battre contre tout un système. Donc ça peut être très isolant. Ces jeunes manquent de compétences, de connaissances, comme ce sont des profils junior et qu’ils n’ont pas forcément été formés sur les enjeux environnementaux. Ce n’est pas non plus ceux à qui on donne le plus la parole. Souvent sur des événements, ou même au sein des structures, ce n’est pas ceux qu’on écoute les plus alors qu’ils ont pourtant plein d’idées, plein de choses à dire.

L’idée des Pépites Vertes est donc de créer un espace où l’on vient résoudre toutes ces problématiques.

Que propose les Pépites Vertes aujourd’hui ?

  • Le Club des Pépites existe depuis 2021. Il fonctionne avec une adhésion annuelle (de septembre à juin) pour laquelle on donne accès à -un Discord (cette année ils sont 125) pour pouvoir se rencontrer -un annuaire des membres -3 webinaires à l’année, animés par des personnes extérieurs au Club sur 3 besoins de montée en compétences, partagés par tous: la communication, la vision systémique, l’identification et la mobilisation d’outils selon nos besoins. -3 rencontres présentielles -une nouveauté en 2022: créer des retours d’expérience, des temps d’échanges entre eux sur des thématiques de leur choix (connaître les bonnes pratiques RSE, certification BCorp, etc). Cela permettra de croiser leurs compétences, leurs problématiques, leurs expériences.
  • On a crée la Mine d’or sur notre site: c’est une page où on a recensé plein d’acteurs et de ressources pour trouver sa voie (des écoles, des formations, des événements avec qui on est partenaires ).
  • L’Annuaire des Pépites regroupe une centaine de profils de jeunes professionnels qui travaillent pour la transition écologique partout en France issus de structures, de secteurs et de métiers très variés. Pour inspirer des lycéens et des étudiants, il nous paraissait important de leur faire découvrir des parcours de personnes proches de leur âge.
  • On a été également identifiés pour parler de sujets tels que la jeunesse, l’emploi, l’orientation, la marque employeur. On est donc sollicités par nos partenaires pour parler de toutes ces questions-là, lors d’événements.

Quel est le parcours de Claire Pétreault ? Comment en est-elle arrivée à traiter ces sujets-là ?

Elle vient d’une petite ville près d’Angers où elle a été très engagée.

Ensuite, elle a suivi la formation de Science Po à Paris. Sa bataille initialement c’était l’injustice. Elle voulait s’impliquer. Elle a donc réalisé ses premiers stages, ses premières expériences professionnelles chez Cocycler, la Ruche qui dit oui puis ChangeNOW où elle est restée 3 ans.
C’est en racontant son aventure sur Linkedin qu’elle a commencé à être identifiée auprès des jeunes.

Quels sont les retours des participants globalement ?

On a eu des retours positifs sur le fait de se sentir entouré, d’appartenir à cette communauté. Certaines personnes, grâce à ces connexions, ont pu monter des projets ensemble ou s’entraider.

Certains échanges avec les jeunes ont-ils provoqué des changements dans votre organisation ou dans les services proposés ?

C’était l’objet de la première année du Club des Pépites. Nous nous sommes basés de leurs propositions pour construire le parcours actuel.
On se rend compte aujourd’hui que la première année, on avait par exemple sous-estimé le fait que les personnes souhaitaient vraiment se connecter humainement aux autres. La partie formation était davantage développée mais finalement tout le monde ne se retrouvait pas sur ces sujets. Cette année on est donc partie sur des compétences transversales et à côté on a créé des ateliers sur les thématiques de leur choix pour être au plus près de leurs besoins.

Aujourd’hui, le parcours du Club des Pépites est un peu plus figé mais toujours dans cette volonté de co-construction, puisque tout ce qu’on fait on le fait pour les pépites!

Avez-vous été surpris par des retours des membres des Pépites?

Oui, l’année dernière on a été surprises. Il y a des sujets qu’on avait identifiés comme importants mais on ne savait pas encore que le Club allait être le bon endroit pour en discuter.

Il se trouve que certains jeunes avaient fait des burn-out. On s’est rendus compte que l’aspect communauté était très important pour eux, qu’ils se sentaient moins seuls dans ce qu’ils vivaient.

Il y a un autre sujet que l’on a abordé seulement au dernier week-end de la promo de l’année dernière: c’est le sujet de l’éco-anxiété. On voulait qu’ils puissent partager leurs bonnes pratiques lors de l’atelier (Comment se sentent-ils? Que font-ils quand ils se sentent de cette manière? De quoi ont-ils l’impression d’avoir besoin?). Ça leur a beaucoup plu de pouvoir parler de ces sentiments-là. Après ce n’est pas facile, il faut les accompagner pour qu’ils se sentent en sécurité pour s’exprimer sur ces sujets-là. Certains m’ont déjà confié qu’ils identifiaient le Club des Pépites comme étant une safe place.

Qu’est-ce qui vous a motivé à créer des partenariats avec des structures comme l’ADEME ou 20 minutes ?

Le sujet de l’emploi et des métiers verts et verdissants n’est pas le sujet dont on parle le plus dans la transition écologique. Ça nous intéresse d’avoir des partenaires qui nous aident à porter les messages le plus loin possible.

Pour l’ADEME, l’idée était de mettre en lumière des jeunes (maximum de Bac + 3) traitant de la transition écologique. Travailler en co-construction avec un acteur comme l’ADEME qui traite de notre sujet, c’est super intéressant sur le fond. Ça nous permet aussi de bénéficier d’un apport financier pour poursuivre notre mission.

Le partenariat avec 20 minutes, était vraiment pour porter la voie des jeunes. Le dernier partenariat réalisé avec eux, c’était pour les présidentielles. C’était donc des membres du Club des Pépites qui proposaient des mesures pour les candidats et candidates.

Eux de leur côté ont accepté car on est de plus en plus identifiés comme un média qui porte ces sujets-là. Ils ont la volonté de soutenir ces sujets. Et je pense que la posture de co-construction des Pépites Vertes plaît.

Quel est le rêve des Pépites Vertes?

On rêve de transformer le monde du travail 🙂.

On rêve que les jeunes soient bien là où ils sont, qu’ils ne soient pas en burn-out, qu’ils travaillent dans des lieux sains, et pour des causes qui leur plaisent, qui soient positives pour la société.

On rêve de les aider à avoir plus d’impacts et à se sentir moins seuls.

De façon générale, on aimerait faire découvrir ces métiers-là. Les rendre attractifs. Pour que les personnes se rendent compte qu’il y a plein de belles opportunités, que c’est un bel univers, et qu’on se sent bien quand on fait partie de cet univers.

On rêve d’avoir une influence positive pour que tout le monde se sente mieux et qu’on soit capable tous ensemble d’être dans un beau mouvement qui nous permettent de nous aider à remplir nos objectifs.

Quel est votre prochain challenge ?

Il y en a à différents niveaux:

  • Continuer à structurer les Pépites Vertes en tant qu’entreprise: On est 3 depuis 1 mois (on a été rejoint par Antonin sur la partie média). Il nous faut continuer à évoluer doucement pour faire les choses correctement.
  • Ouvrir d’autres communautés: Nous devons donc modéliser ces communautés pour quelles soient viables économiquement et qu’on puisse continuer à les animer.
  • Relancer le média et devenir la référence du média de l’orientation! Ce serait génial!

Que ressentez-vous aujourd’hui par rapport au chemin parcouru et au chemin qu’il reste à faire ?

On est super fiers de ce qu’on a fait aujourd’hui. On est passés de 1 à 3. Aujourd’hui le projet a gagné en terme d’impact. Donc on est super fiers du chemin parcouru. C’est un projet qui nous ressemble, où l’on arrive à être intransigeants sur nos valeurs.

Par rapport à tout ce qu’il reste à faire, on est super motivés. Il y a plein de défis, les idées ne manquent pas. C’est très enrichissant pour nous.

Selon vous, quels sont les challenges prioritaires à l’échelle de la société pour arriver à soutenir les jeunes dans la transition écologique ?

Pour moi, il y a une question énorme de formation pour que les jeunes comprennent ce qui est en train de se passer et qu’ils se sentent mieux équiper à y faire face. Nous, on intervient sur le sujet de l’orientation et on peut leur dire “Venez sur nos métiers verts, et verdissants” mais s’ils ne comprennent pas pourquoi ces métiers sont importants pour notre société, cela rend notre mission plus difficile. Donc, il y a vraiment une question de formation, dès le plus jeune âge à comprendre les enjeux.

Un autre challenge que l’on rencontre aux Pépites Vertes c’est de rendre la transition écologique attractive et positive. Il y a beaucoup de défis très compliqués à relever et très impactants pour certains. Mais je pense que si on avait un peu plus d’imaginaire et de récits positifs, ça encouragerait plus les personnes à s’engager.

On dit beaucoup qu’on est dans des sociétés très individualistes, mais nous on croit beaucoup que non, on est des êtres de coopération. Mettre les communautés au centre c’est important, il faut se soutenir, être entouré d’un réseau.

On est intervenus dans des lycées pour faire découvrir des métiers verts et verdissants. Un atelier a également eu lieu en octobre dans le cadre d’un événement du Reses (Réseau Étudiant pour une Société Écologique et Solidaire).

Êtes-vous plutôt optimistes ou non concernant l’évolution de nos actions en France pour faire face au dérèglement climatique ?

Il y a des enjeux énormes. Je ne pense pas qu’actuellement on y réponde correctement, mais il faut rester optimiste, c’est important.
Il y a plein d’autres acteurs qui font de belles choses. J’ai espoir qu’à force on parle de plus en plus de ces questions. On va y arriver!

Quels sont les principaux conseils que vous avez envie de donner aux jeunes aujourd’hui pour qu’ils se sentent pleinement alignés avec leur volonté de jouer un rôle dans la transition écologique ?

Il ne faut pas hésiter à :

Aller se former aux enjeux climatiques (la Mine d’or propose une liste de formations)

Être toujours curieux (aller contacter les personnes interrogées dans l’Annuaire des Pépites par exemple)

Oser (c’est important de tenter, de se rater parfois mais d’y aller quand même)

Une question que l’on me pose souvent est: “Où est-ce que j’aurai le plus d’impact d’un point de vue écologique?”.
Pour moi, la réponse est “Là où tu es le mieux.”
Il ne faut pas se forcer à travailler sur des enjeux qui ne nous parle pas.

Il faut apprendre à s’écouter et à savoir ce qu’on veut pour être d’abord aligné à soi. Ça nous aligne aussi au monde. C’est comme ça qu’on trouve sa place.


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